Mardi 10 mars à 11h25, France Info annonce, sur
Twitter et via une alerte-push sur mobiles, qu'une animatrice a été poignardée
par son compagnon. Moins de vingt minutes plus tard, à 11h44, la chaîne,
victime collatérale d'un canular fait à la police, est obligée de
démentir l'information via les mêmes canaux de diffusion. Après la fausse
mort de Martin Bouygues, voici qu’apparaît une nouvelle fois la nécessité de
mieux arbitrer entre rapidité et fiabilité.
Plusieurs fois déjà, la SDJ a alerté la direction sur
les risques inhérents à ce genre de pratiques. Aujourd'hui, elle demande une
nouvelle fois que soit clairement défini un processus de validation des
informations. Il ne s'agit pas de mettre en cause le journaliste à
l'origine de l'information, mais de s'interroger sur la chaîne de validation
qui, à notre sens, doit être revue et repensée.
Est-on à vraiment à quelques minutes près pour qu'un
push ou qu'un tweet estampillé France Info ne puisse pas attendre l'arrivée de
la police sur place ? Comme il y a deux mois, lors de "Charlie", nous
devons savoir refroidir la machine à infos tout en conservant notre
professionnalisme. Nous devons savoir retenir une information dont la
fiabilité et la véracité sont absolument indispensables à une diffusion sous
forme d'alerte, en particulier parce que l'alerte ne laisse pas de place au
conditionnelle et à l'explication. Nous devons assumer d'être "en
retard" pour donner une info vraie, nous devons pouvoir dire "je ne
sais pas" quand nous ne savons pas.
Et nous devons surtout faire le tri entre ce qui
mérite d'atterrir sur les mobiles des 500.000 abonnés à nos alertes et ce qui
ne le mérite pas. Enora Malagré ? Vraiment ?
Mille fois oui !
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