mercredi 11 mars 2015

Le canular qui ne fait rire personne

Mardi 10 mars à 11h25, France Info annonce, sur Twitter et via une alerte-push sur mobiles, qu'une animatrice a été poignardée par son compagnon. Moins de vingt minutes plus tard, à 11h44, la chaîne, victime collatérale d'un canular fait à la police, est obligée de démentir l'information via les mêmes canaux de diffusion. Après la fausse mort de Martin Bouygues, voici qu’apparaît une nouvelle fois la nécessité de mieux arbitrer entre rapidité et fiabilité.

Plusieurs fois déjà, la SDJ a alerté la direction sur les risques inhérents à ce genre de pratiques. Aujourd'hui, elle demande une nouvelle fois que soit clairement défini un processus de validation des informations. Il ne s'agit pas de mettre en cause le journaliste à l'origine de l'information, mais de s'interroger sur la chaîne de validation qui, à notre sens, doit être revue et repensée.

Est-on à vraiment à quelques minutes près pour qu'un push ou qu'un tweet estampillé France Info ne puisse pas attendre l'arrivée de la police sur place ? Comme il y a deux mois, lors de "Charlie", nous devons savoir refroidir la machine à infos tout en conservant notre professionnalisme. Nous devons savoir retenir une information dont la fiabilité et la véracité sont absolument indispensables à une diffusion sous forme d'alerte, en particulier parce que l'alerte ne laisse pas de place au conditionnelle et à l'explication. Nous devons assumer d'être "en retard" pour donner une info vraie, nous devons pouvoir dire "je ne sais pas" quand nous ne savons pas.


Et nous devons surtout faire le tri entre ce qui mérite d'atterrir sur les mobiles des 500.000 abonnés à nos alertes et ce qui ne le mérite pas. Enora Malagré ? Vraiment ?

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