Le 6 janvier, une trentaine de membres de la Ligue de Défense Juive se sont introduits dans les locaux de France Inter. Pour justifier cette intrusion, ils montraient un texte écrit sur son blog par Clément Weill-Raynal, intitulé « Quand France Inter crache sur les Juifs ».
Dans ce texte, ce dernier, par ailleurs journaliste à la rédaction de France 3, citait –et tronquait- plusieurs témoignages diffusés le 22 décembre sur notre antenne, témoignages recueillis par notre correspondant à Jérusalem, Frédéric Barreyre. Que Clément Weill-Raynal confonde dans sa diatribe « radio d’Etat » et radio de service public, difficile à comprendre pour un professionnel du secteur, mais passe encore.
Mais qu’il assimile ce reportage à une reprise de la « vieille tradition des pogroms » nous indigne littéralement. Tout comme nous choque, surtout venant de la part d’un journaliste, la caricature qu’il fait du reportage de notre correspondant. Visiblement aveuglé par la seule envie de justifier son combat personnel, il omet sciemment de préciser que le sujet, qui effectivement donne la parole à un prêtre catholique qui se plaint de la façon dont les chrétiens sont traités, comporte aussi une interview du rabbin Yaacov Sitruk, qui condamne les pratiques constatées par Frédéric Barreyre ; il affirme que le reportage accuse les juifs orthodoxes, quand notre correspondant précise bien qu’il s’agit d’«ultraorthodoxes». Troublant raccourci, qui doit amener CWR à confondre musulmans et islamistes radicaux, chrétiens et catholiques intégristes…
De même, il oublie, et nous pensons qu’il ne s’agit plus là d’une distraction passagère, mais d’une véritable instrumentalisation de la LDJ, de préciser que le CRIF, le lendemain du sujet diffusé, et donc deux semaines avant sa propre chronique, a reconnu -tout en les regrettant et en les dénonçant- ces pratiques (insultes, crachats) de la part de juifs religieux extrémistes.
Bref, nous tenons ici à dire que la SDJ est entièrement solidaire de Frédéric Barreyre qui effectue dans cette région du monde un travail remarquable et absolument pas partisan, en un mot professionnel. Nous n’en dirons pas autant de ce confrère en pleine crise de mauvaise foi, qui confond son métier avec celui de prêcheur. Il devrait choisir.
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