La rédaction de France Inter a appris cette semaine qu'Hélène Jouan prenait une longue période de congés pour convenance personnelle jusqu'à fin septembre. Renaud Dély assurera l’intérim.
Les qualités professionnelles de Renaud Dély ne sont pas ici en question, mais cette nomination, décidée par Philippe Val, a de quoi surprendre. Officiellement recruté pour assurer la rédaction en chef de la matinale, l’intéressé s'est vu confier en quelques semaines un édito politique, une émission hebdomadaire durant la Coupe du monde de football, puis le poste de directeur de la rédaction. Difficile de s’y retrouver.
Même si on nous assure qu'aucune décision stratégique ne sera prise sans l’accord d’Hélène Jouan, il est pour le moins imprudent de confier les rênes de la rédaction de France Inter à un journaliste qui se disait encore récemment en observation, sinon en apprentissage.
Et que dire de l'abandon, même provisoire, du poste de rédacteur en chef de la matinale, un maillon essentiel de la chaîne à nos yeux, que Philippe Val lui-même jugeait si indispensable il y a quelques semaines ?
Il n’y a aujourd’hui à la tête de France Inter personne qui connaisse vraiment la rédaction, ses membres, son fonctionnement. Le directeur de la chaine et le patron de la rédaction n’ont jamais fait un reportage ou présenté un journal. Ne pas maitriser les fondamentaux d’un média lorsqu’on en est responsable, est-ce bien sérieux ?
Que se passerait-il en cas de crise grave, type 11 septembre ? Qui prendrait l'antenne ? Qui organiserait les éditions spéciales, bref qui dirigerait vraiment ? Les forces vives de la rédaction, sans doute. Mais alors, à quoi servent les chefs ? Autant avouer l’autogestion.
Les erreurs on beau faire partie de notre métier, elles s’accumulent sans que personne ne s’en émeuve. Cette semaine par exemple :
- Aucun plan B pour la spéciale d’« Et pourtant elle tourne » à Bamako interrompue par une coupure de courant. Aucune doublure d’antenne non plus pour la matinale spéciale à Lille.
- Des papiers et des reportages d’un même journaliste qui passent à trois minutes d’intervalle dans la matinale.
- Des chiffres (âge, nombre de jours de captivité) différents d’un journal à l’autre.
- Une journée spéciale « indépendances africaines » dont personne n’est informé le matin (et ce n’est pas la première fois).
- Une communication toujours insuffisante. Pas de note officielle par exemple pour les nominations d’ESP à Beyrouth et à Berlin.
Et la liste n’est pas exhaustive. En clair, personne au sommet ne s’alarme de dysfonctionnements quotidiens qui devraient être pointés du doigt et corrigés par les directeurs.
Mais ces manquements ne sont presque jamais abordés ou débattus, ils sont balayés d’un revers de main. C’est la faute du voisin, de celui qui n’est pas là pour se défendre. La répartition des rôles est toujours aussi floue. Facile dans ces conditions de se dégager de ses responsabilités.
Les journalistes d’Inter n’ont pas besoin d’un « guide » mais au moins d’un peu d’attention, de professionnalisme, de travail et pourquoi pas d’enthousiasme de la part de la direction. Ce n’est pas le cas. Beaucoup le ressentent et se démobilisent. Il est urgent de s’en inquiéter.
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