Depuis vendredi soir, notre
collègue Géraldine Hallot est victime d’une campagne ordurière et haineuse sur
les réseaux sociaux.
Le point de départ : un article sur notre site internet. Le 14 septembre dernier, Géraldine avait travaillé sur la question de l’infiltration parmi les réfugiés de djihadistes. Un papier diffusé à l’antenne qui a été décliné également sur le site internet de France Inter avec ce titre « Réfugiés : le fantasme de l’infiltration » et ce chapô : « L’argument est répété à longueur d’interview par des personnalités comme Marine Le Pen et Christian Estrosi : des terroristes se cacheraient parmi les migrants . Mais est-ce crédible ? Autant le dire tout de suite, non et on vous explique pourquoi ».
Un chapô et un titre
péremptoires qui ne correspondent pas à son papier et qu’elle n’a jamais
écrits. Pourtant son nom a été apposé en bas de la page.
Après les attentats de vendredi dernier, des mouvements d’extrême droite ont ressorti cet article sur le mode : « regardez comme France Inter se plante et vous ment », avec Géraldine comme cible principale.
Il a été décidé, pour la
protéger, de retirer son nom et de modifier l’article.
Le titre devient alors
« Des terroristes parmi les migrants ? » et le chapô :
« Des terroristes se cacheraient parmi les migrants. Au ministère de
l’Intérieur, on semble ne pas y croire ».
Certains groupes d’extrême droite, relayés par le député maire Les Républicains de Nice Christian Estrosi, y ont vu « une manipulation médiatique » et l’exemple que « France Inter, radio gauchiste », cherche à cacher la vérité sur les migrants.
Certains groupes d’extrême droite, relayés par le député maire Les Républicains de Nice Christian Estrosi, y ont vu « une manipulation médiatique » et l’exemple que « France Inter, radio gauchiste », cherche à cacher la vérité sur les migrants.
Avant tout, la SDJ de
France Inter tient à apporter son soutien à Géraldine Hallot, journaliste
rigoureuse et professionnelle. Elle n’est pas responsable de la titraille sur
le site internet.
Ensuite, il serait, nous le
croyons, nécessaire et urgent de repenser la communication entre le service web
et le reste de la rédaction de France Inter. Est-il normal de signer du nom du reporter
« de terrain » un article qui a été ensuite modifié, amendé,
développé sur le web… et qui ne correspond plus au travail initial ? Nous
devrions établir des règles claires sur le sujet.
Aucune information, quelle
qu'en soit la forme, ne devrait être publiée sur notre site accompagnée d'une
signature nominale sans que le journaliste auquel elle est attribuée l'ait
relue et approuvée.
La SDJ
de France Inter

Je ne peux que souscrire en tout point à ce texte. Soutien total à cette consœur.
RépondreSupprimerPhilippe Chauché - France Bleu Vaucluse
C'est un problème récurrent et de tellement longue date...
RépondreSupprimerTitre et "chapô" en accroche (...publicitaire), bien souvent réécrit par secrétaire de rédaction ou rédac'Chef, (comme les légendes détournant les photographies)
La vraie problématique, c'est pourquoi les professions des "médias" acceptent ces "faits" ?
Intéressant.
RépondreSupprimerDans ce cas, peut-on connaître l'identité de l'âme merveilleuse qui a écrit les choses suivantes :
« Réfugiés : le fantasme de l’infiltration » et ce chapô : « L’argument est répété à longueur d’interview par des personnalités comme Marine Le Pen et Christian Estrosi : des terroristes se cacheraient parmi les migrants . Mais est-ce crédible ? Autant le dire tout de suite, non et on vous explique pourquoi ».
Je pense qu'un auteur si sûr du bon fondement de ses positions se doit de paraître en pleine lumière.
J'imaginais que votre tract serait un texte pour prendre la défense de Géraldine, recadrer le débat et dénoncer ses harceleur.
RépondreSupprimerVotre choix a été tout autre et ce texte, qui aurait pu avoir un sens dans un usage interne, a été publié, facebooké, twitté et retwitté.
Je me désole en constatant que vous ne remettez pas en cause ceux qui crachent sur votre collègue, mais que vous leur demandez de se reporter sur les vrais coupables à vos yeux : vos collègues du web.