mardi 28 août 2012

Nomination des ESP : faire cesser la suspicion

Le mode de nomination des Envoyés Spéciaux Permanents soulève beaucoup d’interrogations dans les rédactions. Le 11 juillet, les délégués de la Sdj ont rencontré Michel Polacco, Secrétaire Général de l’Information, et Guy Durieux, DRH journalistes. 

Profil de l’ESP : toujours le flou 
Radio France n’a pas établi de profil-type, « en raison de la variété des chaînes ». Michel Polacco cite comme qualités appréciées « disponibilité, tempérament, expérience, compétence… et bien d’autres ». La pratique de la langue « n’est pas le seul critère, mais un « plus » qui peut faire la différence entre deux candidats de même niveau ». Ou un « moins » quand le candidat n’a pas les faveurs de la direction ? « On peut être plusieurs fois ESP au cours de sa carrière et avoir plusieurs fois le même poste ». Radio France « n’a établi aucune règle, pour ne pas se fabriquer de carcans ». Ou pour mieux faire régner l’arbitraire.  

Rôle de l’ESP : d’abord un expert 
Un ESP « n’est pas un représentant de Radio France, pas un sénateur ». Mais ce n’est pas non plus en priorité un reporter. Plutôt « un grand expert » capable d’analyser son environnement géopolitique. « L’intérêt supérieur de l’entreprise, c’est d’avoir un bon journaliste en poste », résume Michel Polacco. On n’en attendait pas moins…

Le privilège du président 
La consultation préalable des candidats n’est « pas obligatoire » : c’est une pratique « conventionnelle », souligne le SGI. Dont acte. Mais qui alors décide in fine ? Après entretien avec les candidats, les responsables des stations se réunissent avec le PDG. « Un tour de table consultatif, reconnaît Guy Durieux : le choix des ESP reste le privilège du président ». Comme les récents « reporters longue durée » (New-York, Tunis, Le Caire), nommés sans consultation pour une mission d’un an renouvelable… à la discrétion du président.

Le retour de l’ESP 
Pour mettre fin aux situations ubuesques, une nouvelle règle est établie : l’ESP rentre dans sa station d’origine et à un poste équivalent, sauf s’il y a une opportunité qui convient à une chaîne et à l’ESP.  

Quelques signaux positifs, mais un manque global de transparence : la nomination des ESP reste toujours entachée de suspicions. Pour tous, Radio France gagnerait à établir des règles plus claires, plus justes.