Profil de l’ESP : toujours le flou
Radio France n’a pas établi de profil-type, « en raison de la variété des chaînes ». Michel Polacco cite comme qualités appréciées « disponibilité, tempérament, expérience, compétence… et bien d’autres ».
La pratique de la langue « n’est pas le seul critère, mais un « plus » qui peut faire la différence entre deux candidats de même niveau ». Ou un « moins » quand le candidat n’a pas les faveurs de la direction ?
« On peut être plusieurs fois ESP au cours de sa carrière et avoir plusieurs fois le même poste ». Radio France « n’a établi aucune règle, pour ne pas se fabriquer de carcans ». Ou pour mieux faire régner l’arbitraire.
Rôle de l’ESP : d’abord un expert
Un ESP « n’est pas un représentant de Radio France, pas un sénateur ». Mais ce n’est pas non plus en priorité un reporter. Plutôt « un grand expert » capable d’analyser son environnement géopolitique.
« L’intérêt supérieur de l’entreprise, c’est d’avoir un bon journaliste en poste », résume Michel Polacco. On n’en attendait pas moins…
Le privilège du président
La consultation préalable des candidats n’est « pas obligatoire » : c’est une pratique « conventionnelle », souligne le SGI. Dont acte.
Mais qui alors décide in fine ? Après entretien avec les candidats, les responsables des stations se réunissent avec le PDG. « Un tour de table consultatif, reconnaît Guy Durieux : le choix des ESP reste le privilège du président ».
Comme les récents « reporters longue durée » (New-York, Tunis, Le Caire), nommés sans consultation pour une mission d’un an renouvelable… à la discrétion du président.
Le retour de l’ESP
Pour mettre fin aux situations ubuesques, une nouvelle règle est établie : l’ESP rentre dans sa station d’origine et à un poste équivalent, sauf s’il y a une opportunité qui convient à une chaîne et à l’ESP.
Quelques signaux positifs, mais un manque global de transparence : la nomination des ESP reste toujours entachée de suspicions. Pour tous, Radio France gagnerait à établir des règles plus claires, plus justes.